LE LIVRE – Présentation

INDIOS DE BARCELONA est un livre d’images, mais aussi une mosaïque historique et contemporaine ! Résolument marque d’une époque, il traite le street art barcelonais non comme une mode, mais comme une forme d’expression actuelle, élégante et nécessaire, le lien entre un passé contestataire et une réalité sociale indigne.


L’HISTOIRE

Travis est presque le personnage central de cet ouvrage. Il est photographe. Il a documenté une Barcelone coinçée entre deux époques : un passé proche, à la fois industriel et militant, et un futur arrogant figé dans la crise économique contemporaine. Dans ce no man’s land historique fleurit un présent absent des guides touristiques, une ode à la libre expression, une cartographie alternative vivace, “grâce en soit rendue à ces anges de la désolation qui s’activent à transformer les murailles en témoins d’une discordance criante d’avec leur époque.”  

Extrait 1 :

Le peintre mexicain Diego Rivera avait déclaré  : ‘Je ne crois pas en Dieu, je crois en Picasso’. Il vivait ici en 1907, puis revint en son cher Mexique après la révolution, pour peindre des ‘murales’ sur les murs de la capitale l’histoire de son pays. En 1920, il était plus urgent d’éduquer  avec des couleurs, des symboles et des images qu’avec des cours et des leçons que la jeune République ne pouvait offrir à tous ses citoyens. Le Mexique avait eu l’intelligence mais la naïveté d’avoir recours à la fresque comme medium d’éducation, mésestimant la charge émotionnelle de la représentation picturale. Depuis lors, ce principe de symbolique affichage public a largement été détourné, et nous ployons quotidiennement sous le bombardement de messages de propagande de 4 mètres sur 3. A Barcelone, les rues retournent au muralisme et répondent à ces agressions visuelles par des explosions de couleurs et de formes.

Spanish Bombs !

Travis pense, peut-être à voix basse : “Je pourrais croire en la part de Dieu qu’il y a en Picasso… et sa déclaration  : La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements, c’est un instrument de guerre offensif et défensif contre l’ennemi .”

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Travis a ‘entendu une musique d’un autre temps‘, que ce soit celle de la Mano Negra (qui a prêté son titre ‘Indios de Barcelona’ à cet ouvrage, NDA) ou celle du Clash, ou encore celle, plus métaphorique, murmurée par les survivants du passé – les bâtiments industriels laissés en friche, par exemple. Travis est chroniqueur, et aussi passablement romantique (je crois bien, NDA 2). En tous cas, il a écrit cela :

Extrait 2 :

La vieille usine est échouée comme une baleine de pierre sur la grève de notre siècle, en attente de destruction ou d’embourgeoisement. Elle m’apparait au sortir d’une portion de la ville nouvelle, où dominent la verticale implacable des immeubles et la radicalité  horizontale de l’avenue Diagonal. De loin, je distingue le mot ‘Amor’ peint en rouge sur une portion encore blanche de la façade qui surplombe la rue ; curieux, je m’approche lentement de cette moribonde naufragée du XIXe s!ècle.

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Travis est allé à la rencontre d’ Invisibles… 

Extrait 3 :

Tous ces murs morts aux couleurs paradoxalement vivantes ne constituent pas un rempart contre le dénuement ultime. D’écrasantes constructions de verre et de métal les narguent en gommant inexorablement les traces d’un passé qui n’a pas tenu ses promesses de jours meilleurs ; ces monstres de béton aux surfaces lisses, réfléchissantes, s’ancrent dans la précarité de l’existence pour disputer au ciel les fragments d’éternité qui aurait dû revenir aux humains ! Les plus indigents trouvent refuge dans ces territoires abandonnés, à l’ombre des tours et des gratte-ciels ; ils s’accrochent à la vie près des fresques, pictogrammes, et slogans déposés par d’invisibles artistes. Cette association hétéroclite, presque intangible, résiste avec ténacité aussi bien aux intempéries qu’à la tyrannie de la modernité.

 

… et le passé est aussi venu à lui, dans un présent finalement agité par la crise sociale évoquée au début de ce texte. Travis est donc au centre d’une  mosaïque d’images et d’impressions qu’il a tenté d’ordonner en buvant des rhum-coca dans le bar même qu’Hemingway fréquentait durant la Guerre Civile. Il n’y est pas seul…

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CRITIQUES

“Entre reportage d’investigation, roman beat et clins d’oeil à l’Histoire, ‘Indios de Barcelona’ est un livre de poésie contestataire” – Les Temps Modernes

“… et les photos sont jolies !” Pif Gadget

“Foutrement rock’n’roll, ‘Indios de Barcelona’ évite les pièges du cours d’histoire ou du catalogue de galerie d’art, tout en rendant hommage aux Brigades Internationales de peintres officiant actuellement dans la capitale catalane – ainsi qu’aux contestataires espagnols, toutes époques confondues.” Hara Kiri

“Les artistes barcelonais ont su inspirer à Bagnard une fresque contemporaine, humaniste, voire enthousiasmante. En un mot : punk rock!” Metal Hurlant

“They’ve all got it goddamn right in this book: TOGETHER WE’RE INVICIBLE!” Creem magazine

“Un sous-produit d’une culture décadente!” Signal