PUNK ROCK (1977 environ à nos jours)

Des bas fonds de New York émergea en 1966 le Velvet Underground, le groupe résident de la Factory d’Andy Warhol à l’anti flower power affirmé.

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Pop Art : Andy Warhol, Nico, Lou Reed, Maureen Tucker, Sterling Morisson, John Cale (g/d) 
Son mentor et le Velvet Underground

Son premier LP vit le jour en 1969, année du festival d’Altamont qui signa l’arrêt de mort de l’Ete des Fleurs et de l’utopie hippie : les Hell’s Angels y avaient assassiné à coups de couteau le jeune Noir Meredith Hunter, juste devant les Rolling Stones qui jouaient ‘Under My Thumb’. John Cale, le violoniste du Velvet, produisit cet année-là le premier disque d’un groupe jusqu’auboutiste qui prétendait ne pas savoir jouer mais qui voulait, au delà de tout, déranger : les Stooges, menés par Iggy Pop, chantaient ‘1969’, ‘No Fun’ et ‘I wanna be your dog’ à la face d’un public qui assistait à la troisième mutation d’un courant musical né en 1954, à l’unisson d’un monde qui plongeait une nouvelle fois dans le chaos.

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Les émeutes de 1968 et la guerre du Viet Nam venaient réclamer leur dû en vies humaines et quota de barbarie : en écho, ce qui allait fleurir à New York, puis à Londres et dans tous les pays du monde venait juste d’éclore à Ann Arbor, Michigan. Influencés par les Stooges, impressionnés par les New York Dolls, les Ramones sortirent un premier disque éponyme en 1976 : affranchis de toute prétention virtuose, les 4 new-yorkais minimalistes décomplexèrent instantanément tout apprenti musicien et effarouchèrent l’ensemble de la critique à l’exception d’un Lester Bangs qu’ils ravirent, lui qui avait inventé ce mot qui leur va si bien : punk. Une nouvelle fois revigoré, le rock’n’roll s’affubla donc d’un label tout neuf, devint ‘punk rock’ pour les américains, et resta ‘punk’ pour les européens. (voir la section ‘1977 ‘ du photorama ou celle de la biographie )

(G: Vietnam / Iggy Pop – Ci Dessous : Les Ramones)

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D’instinctif (voire d’arty) le courant se politisa en touchant Londres à travers deux activistes au génie méconnu: Malcolm Mc Laren et Bernard Rhodes. Férus des philosophies de rue de 1968, ils cherchaient à imprimer leur marque sur une époque qui s’ouvrait sur une crise sociale d’une ampleur peu connue : le chômage faisait rage, la légèreté du Swinging London des 60s avait déserté la ville, les promesses d’amour universel des hippies s’étaient évanouies avec les frasques de ses porte-paroles multimillionnaires survivant aux overdoses à répétition qui avaient, plus sûrement que les Hell’s Angels, dégommé le mouvement originel. Le racisme avait le vent en poupe et l’Angleterre prenait alors un virage à droite radical en s’inscrivait dans une ligne purement capitaliste : les ’30 Glorieuses’ étaient terminées.

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Malcolm Mc Laren recruta la section rythmique, Rhodes dégotta le chanteur et l’ensemble sortit en 1976 son premier 45 tours : ‘Anarchy in the UK‘. Les  Sex Pistols propagèrent le désordre en terre d’Albion, dénigrèrent la Reine, devinrent rapidement source d’inspiration universelle et icônes d’une contre-culture galopante. Rhodes se sépara de son accolyte pour chercher à manager son propre produit – tandis que la créature de Mc Laren allait graduellement échapper à tout contrôle – et facilita la création de The Clash, un quatuor qui se trouva au carrefour des mouvements historiques et pop d’un 20e siècle sur le déclin. Ces 4 garçons intelligents vivaient dans des squatts, mangeaient peu, ne travaillaient pas et écrivaient bien. Ils sortirent en 1977 ‘London’s Burning‘, abattirent certaines barrières raciales en adaptant le hit jamaïcain ‘Police & Thieves‘ en clamant haut et fort leur amour du reggae. ‘Mon seul but est d’être contre toute forme de racisme, de fascisme, de radicalisme et de patriotisme fanatique’, assurait leur chanteur, Joe Strummer. ‘Nous n’avons pas d’équipement de guérilla urbaine. Notre force armée est strictement limitée… Les gens ont de nous l’image d’individus descendant dans la rue avec des mitraillettes… Tout ce que nous avons, ce sont quelques guitares, des amplis et une batterie. Voilà notre armement.’

Mick Jones and Joe Strummer

The Clash

En 1979, ils écrivirent ‘L’appel de Londres’ (London Calling), un titre en forme de clin d’oeil à la Résistance française et à celui du 18 Juin 1940. Cet album contenait la chanson ‘Spanish Bombs’, qui traitait de la guerre d’Espagne quand nous en ignorions tout.

Le Clash s’effondra en 1985 environ, quelques années après les Pistols. Joe Strummer quitta ce monde en Décembre 2002 pour entrer dans la légende, en ayant laissé derrière lui d’impérissables ‘protest-songs’ aux textes remarquablement lucides.