NOTES sur INDIOS DE BARCELONA

‘Indios de Barcelona’ c’est une chanson de La Mano Negra, une de celle qui faisaient de ses disques un joyeux chantier coloré, une brocante électrique, une electrolyse mondialiste où se mêlaient  styles et langues. En cela elle était son temps : la mondialisation – on ne le dit pas assez – existe depuis Elvis, les Beatles et les Stones, leurs hits sont se sont répandus sur toute la planète. La Mano, elle, invitait le monde dans ses compositions dès le début de son activité, puis de s’exportait physiquement vers d’autres continents et un autre hémisphère au fil des albums et des tournées. Elle était ‘déjà’ globale. Virale. Addictive. Et généreusement bordélique.

L’écrivain Paco Ignacio Taibo II, lui, mixe ses références avec une multitude situations, de tons, de personnages et de détails en une fresque incroyablement vivante, autour de l’intrigue de ses romans. Cette homme est un orchestre à lui tout seul et il réussit la prouesse de proposer une seconde, puis une troisième lecture au fil desquelles on découvre toujours de nouveaux détails.  C’est sa façon, si besoin était, d’offrir un supplément d’âme.

Ce livre emprunte son titre à une chanson de la Mano et continue cette espèce de tradition de mixité.  Taibo II avait extrait ‘La Puce’ Amador des brumes du passé pour lui faire la part belle dans son roman ‘La Bicyclette de Léonard’ et inventé Saturnino Longoria pour épicer le savoureux ‘A quatre mains’. L’un est journaliste anarcho-syndicaliste des débuts, dans la Barcelone des années 10-20, l’autre est réfugié Républicain dans l’étrange ville de México. Vous les retrouverez dans cette histoire, ainsi que Joe Strummer. Idéalistes et romantiques, ils reviennent d’entre les morts pour témoigner de leurs engagements respectifs.

Cette désacralisation est mexicaine, au même titre que les fresques initiales, les ‘murales’.

Les fresques de ce livre sont l’expression de la contestation contemporaine la plus gracieuse, du refus net et coloré d’un status quo. Elles sont pour beaucoup militantes, et en  ces temps d’atteinte à la liberté individuelle ou d’expression, aussi nécessaires dans l’espace public que des chansons à texte, des protest songs – ces brulôts rapides, énergiques, où les musiciens ‘bousculent les gens pour qu’ils apprennent‘(*). C’est le cas de ces peintures.

Il y a bien d’autres clins d’oeil dans cet ouvrage: Centelles, Capa, Koudelka, Carvalho, Méndez, pour parler mieux d’Espagne, de livres et de musiques, et aussi pour faire bonne mesure avec  les artistes talentueux qui font l’essentiel de ses pages. Retrouvez les pour la plupart ici (click!). Tous n’ont pu être identifiés. Tous ceux qui l’ont été, par contre, ont été enthousiastes à l’idée de faire partie de ce livre. Sans eux, à l’évidence, il ne serait pas.

All this fucking rocks !

(*) – Mick Jones